Championnat du monde de Bouloù Pok

La boule “Pok” n’a de boule que le nom puisqu’en fait il s’agit d’un demi cylindre de buis dans lequel on a coulé du plomb fondu, la boule étant au préalable placée dans un lit de terre glaise.

Quant à son origine, elle se perd dans la nuit des temps ; il est certain que ce jeu se pratique depuis plus de cinq siècles à GUERLESQUIN, la compétition ayant été, dit-on, créée par un prêtre désirant meubler les loisirs de ses ouailles, mais cela reste à prouver… ; en tous les cas, un registre des cotisations datant de 1856, avec report d’un volume précédent, prouve le sérieux et la prospérité de cette véritable institution.

Ce jeu se déroule en effet officiellement à GUERLESQUIN une fois par an seulement, jour de mardi-gras.

Il rassemble tous les hommes de la Ville (les femmes sont exclues) divisés en deux camps : d’une part, ceux qui demeurent d’un côté des places, d’autre part ceux qui habitent de l’autre côté.
L’orientation de l’entrée principale de chaque maison sert à trancher les cas litigieux – les Sudistes ayant leur porte située au Nord et celle des Nordistes étant orientée vers le Sud – ; il est aussi à remarquer que très souvent, pour ne pas dire toujours, les deux camps sont numériquement inégaux. Mais qu’importe !
Le règlement est ainsi depuis plusieurs siècles et il ne viendrait à l’idée de personne d’y changer la moindre virgule.

Le jeu du “Bouloù Pok” est spécial à GUERLESQUIN, il ne se pratique nulle part ailleurs dans le monde et se joue suivant des règles également particulières ; C’est ainsi que ce sport, puisque sport il y a, occupe tous les ans la journée entière du Mardi-Gras, à savoir : 9 heures, une messe du souvenir est chantée à la chapelle St Jean à la mémoire des membres défunts de l’association ; ensuite, un café bien arrosé précédé d’un copieux casse-croûte est pris en commun dans un débit de boissons suivant un ordre bien établi ; tous les cafés de la ville figurent sur la liste : ils étaient 54 en 1955 et une soixantaine entre les deux guerres !

 

La partie se joue en deux manches suivies d’une “belle” s’il y a lieu ; les débats terminés, le vainqueur est proclamé par le tambour de la Ville, lequel distribue une feuille de laurier à chaque joueur de l’équipe gagnante ; et voilà comment l’on devient “Champion du monde de Bouloù Pok”, cela sans fanfaronnade aucune, ce sport, rappelons-le, se pratique uniquement à GUERLESQUIN, par de purs amateurs, se contentant d’une simple feuille de laurier comme prix de leur victoire.

 

Cette partie capitale terminée, c’est au tour des débitants de boissons de s’expliquer entre eux, par un simple coup de boule afin de définir celui qui aura l’honneur de servir le “GWIN BIAN” (petit vin) qui en fait est un apéritif réunissant ensemble vainqueurs et vaincus ou plutôt les champions du monde et leurs adversaires qui, timidement, se disent aussi finalistes de ce même championnat !
Ensuite tout le monde se réunit pour le “GWIN BRAS” (grand vin) qui est devenu un banquet. Jusqu’à la guerre de 1939, il s’agissait de se retrouver ensemble après avoir déjeuné chacun chez soi, et là, on servait uniquement du liquide et cela jusqu’à la nuit tombée. Mais actuellement les cafés de la Ville font également de bonnes affaires avant et après le banquet !
Voilà comment se termine chaque année le Championnat du Monde de “BOULOU POK”; six mois après, on en parle toujours, comme six mois avant on parle du prochain jeu du MARDI GRAS à venir.

Pour en voir plus et vous mettre dans l’ambiance cliquer sur lien ci-dessous ; et oui la télévision est venue nous voir ! https://www.tf1.fr/tf1/jt-13h/vid

eos/le-boulou-pok-un-jeu-ancestral-breton-28806470.html

Le comité du Bouloù Pok adhère à la confédération F.A.L.S.A.B., pour en savoir plus sur les jeux traditionnels de Bretagne : www.falsab.com

’Boule

Les évènements des prochains jours